10 lignes à la fois : laboratoire d'écriture

Blog littéraire de Sylvain lasju (illiarias)

03 février 2007

la genèse de Gérard 5 (fin)

La suite de la fabuleuse aventure des boules, tout le monde la connaît. Gérard inventa le jeu à l'âge de 20 ans. Il acquit alors une notoriété qu'il ne perdit jamais. A 22 ans, il monta son club, à Saint-Amant-sur-Girouette, qui finit par devenir le centre mondial de la boule.
La première usine de boules vit le jour l'année de son 25ème anniversaire. Il eut l'idée de réaliser les boules en plastique, mais abandonna rapidement le concept. Finalement, ces boules plus légères se virent commercialiser 4 ans plus tard, à l'attention des enfants.
Ajourd'hui tout le monde connait les boules et presque tout le monde en a eu en main. Que ce soit en amateur ou en professionnel, pour le plaisir ou sérieusement, qui peut dire qu'il n'a pas taquiné la boule ?

Et qui aurait deviné que ce noble sport avait vu le jour parce que son concepteur avait des testicules de tailles différentes ?



02 février 2007

la genèse de Gérard 4

Gérard trouva la boule par hasard. Non pas qu'il l'ait perdue, ou pourait plutôt dire qu'il l'a découvert.
Cela se passa durant un camp de vacances sur la côte d'Azur. Gérard avait découvert une boisson anisée euphorisante qui remplaçait evantageusement le sirop d'anis de sa mamie. Et lorsqu'il en abusait, Gérard voyait ses envies décuplées. Il voulait boire toute l'eau de la mer, arrêter de respirer pendant une heure ou courir plus vite que le vent. Ce soir là, Gérard décida de se lançer à l'assaut d'une demoiselle court vêtue, chose qu'il n'aurait jamais osé faire à l'état naturel.
Gérard est persévérant et, bien que farouche de prime abord, la jeunette se laissa séduire par les manoeuvre viriles de notre héros moustachu. Quelques heures de plus et ils se trouvaient tous les deux isolés dans une crique, dans une position de découverte anatomique mutuelle. Quelle ne fut pas la surprise de la belle lorsqu'elle découvrit le détail intime que Gérard gardait au chaud !
La fille se mit à rire en s'éloignant doucement de Gérard. Comme si un charme était levé, elle le regarda fixement et le traita de cochon.
- Un petit cochon, alors, rétroqua Gérard.
La fille rit de plus belle et aprouva :
- Oui, un cochonet.
Le mot résonna dans la tête de Gérard durant plusieurs heures, jusqu'à ce qu'il comprenne ce que cela signifiait : il avait découvert ce qui lui manquait pour finaliser son jeu : des boules.

24 janvier 2007

La genèse de Gérard 3

Gérard grandit et finit par entrer dans l'adolescence. La voie chevrotante, les membres trop longs, les hormones déréglées, les désirs d'indépendance... Gérard, comme des millons d'êtres humains de son âge, devenait très bête.
- J'veux une mob, l'entendait-on répéter à tue-tête.
- Quand tu auras de meilleures notes, mon petit Gérardou.
Gérard n'aimait pas l'école. Ses attributs de naissance, le cheveu clairsemé, le teint de pilier de comptoir et la moustache brune, ne l'aidaient pas à s'intégrer auprès de ses congénères. Il préférait se réfugier auprès de ses amis, ses vrais amis, qui ne le critiquaient jamais et riaient toujours de ses blagues.
Ils jouaient toujours à Sauver Willy, sauf que Willy avait été mis en pièce par le labrador et qu'il fallait désormais secourir Dudule, le clown. Gérard devenait de plus en plus adroit et envoyait régulièrement ses amis tout contre leur cible.
Parfois, il jouait seul, à l'exterieur, avec des cailloux ou des ustensiles de cuisine, mais il restait persuadé qu'il n'avait pas encore trouvé le bon objet.
En fait, Gérard cherchait la boule.

20 janvier 2007

La genèse de Gérard 2

L'enfance de Gérard fut très agréable. Sa vie était émaillée de joies simples et d'émotions d'enfant. Gérard aimait faire des ricochets dans l'eau de la mare du jardin de sa tata, boire du sirop d'anis que lui préparait sa mamie et écouter les histoires que lui racontait sa maman.
Mais ce qu'il aimait par dessus tout, c'était inventer des jeux et les essayer avec ses meilleurs amis.
Gérard avait de nombreux amis, tous très différents. Il y avait Pepette la grenouille, toujours de bonne humeur, Herbert le canard, le maladroit, Balthazar le grizzli, le bagareur... Des dizaines de peluches formaient à la fois son cercle d'amis et son fan-lub. Gérard était déja populaire.
Gérard régnait sur cette petite tribu en maître incontesté, mais juste. Il réglait les conflicts, soulageait les peines et jouait les clowns quand le moral des troupes était au plus mal. Puis un jour, il inventa un jeu que tout le monde adora : sauver Willy (le gorille).
Willy était perdu, loin de tous les autres, et ses amis devaient se rapprocher de lui pour le ramener à la maison (la chambre de Gérard). Mais comme les peluches n'avaient que peu de liberté de mouvement, le petit Gérard les aidait en les lançant lui même sur Willy. Le gagnant était celui qui retombait le plus près de l'animal esseulé. Parfois, il était dur de savoir lequel était le plus près, et il fallait mesurer. De temps en temps, Gérard était fatigué de lancer et il buvait un peu de sirop d'anis...
Un concept était né.

19 janvier 2007

La genèse de Gérard 1

Il y a très longtemps, naquit Gérard.
Gérard avait déja des moustaches, déja le tein rougeaud, déja peu de cheveux. Et il avait déja un habit en peau de boules.
Gérard était déjà Gérard.
Gérard aurait pû passer toute sa vie pour un crapeau visqueux, un déchet de la nature, voire un plouc. Mais une bonne fée se pencha sur son berceau et lui souffla :
- Gérard tu as un Grand Destin. Tu ne seras ni un crapeau visqueux, ni un déchet de la nature, ni même un plouc. Tu vas devenir le premier représentant d'une nouvelle espèce d'individus : le bouliste.
En effet, avant Gérard, ce sport connu de tous n'existait pas. la boule n'avait pas encore la noble ambition de faire tenir debout sous un soleil de plomb des hommes en survetement en Tergal (alors qu'y a Téléfoot sur la Une). Elle avait une conotation vulgaire, désignant le plus souvent un attribut sexuel ou un ornement de noël.Tu tires ou tu pointes n'existait pas, pas plus que Faut mesurer, Gégé va chercher la ficelle.

Tout rester à inventer, à créer. Et il fallait un démiurge pour cela.
Gérard

 

« Accueil  1