10 lignes à la fois : laboratoire d'écriture

Blog littéraire de Sylvain lasju (illiarias)

04 août 2008

Amazone (photo)

la voila ...
Mimos_08_Tignasse

Posté par caleo à 11:53 - Impromptu - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


03 août 2008

Amazone

Elle porte un chemisier blanc ethnique et un jean large. Des vêtements d'été suffisamment amples pour ne pas révéler ses formes, tout en angles. Néanmoins, autour de son bras droit, un bracelet oriental souligne la maigreur de ses membres ; et un pendentif en graines trouve sa place dans son manque de poitrine. Ses doigts osseux, aux ongles courts, sont repliés devant son visage, autour de son briquet. Elle allume une cigarette.

Ses cheveux long et crépus tombent de chaque côté de sa tête, formant comme deux ailes foncées et laineuses. Ses sourcils noirs surmontent des yeux de la même couleur. Un nez fin plonge vers l'avant, suivi de peu par un menton volontaire.

Malgré tous ces éléments, elle est plutôt belle. Ses traits fins et sa peau mat vont chercher leurs origines vers le sud de la méditerranée. Ses habits lui donnent un air d'exotisme qui tranche au milieu de la foule conformiste environnante. Il se dégage de son allure une prestance quasi animale ; ses doigts et son regard évoquent quelque rapace, son port de tête celui d'une gazelle et ses bras musclés les membres des grands félins.

Elle se moque des standards de son époque ou de son milieu. C'est une amazone, fière de son physique filiforme, qui préfère choisir sa mode que de la subir.

La photo... demain.

Posté par caleo à 11:50 - Impromptu - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 août 2008

Regrets (photo)

Mimos_08_regrets

Posté par caleo à 14:13 - Impromptu - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 août 2008

Regrets

Nouveau type d'écrits : les impromptus. J'ai pris des gens en photo (à leur insu, le plus souvent, c'est plus naturel) et j'en fais une descriptiont. C'est à la fois un exercice de style (Ahh, le laborieux travail de description, où les bons mots ne viennent jamais à l'esprit) et une démarche artistique (Ouais).

la photo sera mise en ligne le lendemain, histoire que vous vous fassiez une image mentale de la personne décrite avant de découvrir son image


Les mains serrées l'une contre l'autre, elle ne regarde pas le spectacle. Ses yeux se perdent plus bas, sur sa droite, vers la foule de têtes conquises. Sur scène, les équilibristes enchaînent leurs sarabandes dans une ronde magique et dans sa tête, c'est le vide qui se fait. Le vide que sa fille, perdue en mer un 3 juillet, a commencé à former. Une vide que son mari, emporté par un cancer de la gorge un matin pluvieux a continué de creuser. Un vide que son fils, employé d'usine emporté par une machine folle, a rendu encore plus profond. Trop profond.

Il ne reste qu'elle. Elle et sa peau fine et parcheminée, ses cheveux blancs en bataille, son corps qu'elle essaie de garder droit mais qui s'use un peu plus jour après jour. Autour d'elle, des gens s'amusent, la vie poursuit sa course. Mais pas elle. Elle est en marge. Elle attend. Un jour, on la jettera dans le trou qu'ont creusé les membres de sa défunte famille et elle les retrouvera, enfin libre de toute cette vie qui n'a pas daigné quitter ses veines.


Posté par caleo à 13:58 - Impromptu - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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