10 lignes à la fois : laboratoire d'écriture

Blog littéraire de Sylvain lasju (illiarias)

16 mai 2007

Femmes aux volants...

Toujours avec Caléo, mais cette fois ci deux conditions : trois mots, et moins de 300 caractères !

La brune s'était plantée !
- Tu aurais dû tourner à droite !
- D'accord, mais à droite, c'était le lac.
- Justement, j'aurais ét tranquille !

(141 caractères)

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14 mai 2007

Attaque au parc

Ouah… pas facile le tirage aujourd’hui…

Proverbialement, le mois de mai est le mois où l’on fait ce qui nous plaît. Ce n’est, dans les faits, que rarement le cas. L’aventure de Jeffrey allait nous le montrer. Tout commença ce mercredi du début de ce fameux mois, près du bahut. Le lycée était le lieu de tous les déboires pour Jeffrey. Il avait connu toutes les humiliations, toutes les brimades. On l’avait fait asseoir par terre, on lui jetait sa nourriture, une fois, il avait même été la cible des coups de pieds d’un adolescent débile.

Le pire, c’est quand vient l’heure du repas. Le chromatisme des tee-shirts des lycéens lui tirait des hauts le cœur. Les hurlements des garçons, les gloussements des filles lui faisaient horriblement mal au crâne. Puis ce jour-là, ce fut le drame. Les aboiements rituels finirent par le rendre fou. Il sauta sur un garçon qui passait à proximité. L’adolescent hurla, rua, se débâtit… Il finit par échapper à Jeffrey. Celui-ci sombra dans une certaine torpeur.

Il se réveilla sous les regards d’un type habillé en blanc muni d’un stéthoscope autour du cou. Il s’adressait à deux autres personnes que Jeffrey ne pouvait voir.

- Je suis désolé, mais c’est la loi. Un chien qui attaque quelqu’un doit être piqué.

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16 avril 2007

Adolescence

Et bien, le tirage du jour est très peu plaisant (hypersécrétion, plâtre, différenciation)… on va s’y essayer quand même…

 

Age idiot qu’est l’adolescence. Age stupide qu’est le passage de l’enfance à l’âge adulte. Dernières années collège, synonymes de réactions aussi démesurées qu’épidermiques pour les adultes que nous sommes. A cette âge, la différenciation des deux sexes est aisée tant les comportements de nos chères têtes blondes graisseuses sont aussi éloignés que deux photons navigant vers deux sens diamétralement opposés, et qui pourtant finiront par se rencontrer pour à leur tour fabriquer de futurs adolescents...

 

Les garçons voguent entre deux mondes complètements séparés : cris asociaux sensés imités l’insupportable ronronnement des mobylettes et autres deux-roues motorisés qu’un enfant de cinq ans trouverait complètement stupide et rêves nocturnes enfiévrés transformant les draps Mickey ou Dinosaures en chantier de sueur et de tâche de plâtre vainement dissimulées aux yeux de la maman qui pense que son petit fiston chéri restera toujours son petit-amour -de-mon-cœur-tellement-mignon-et-gentil-et-qu-doit-faire-craquer-toutes-les-filles-de-sa-classe (rêve toujours).

 

Les filles évoluent heureusement plus vite vers un âge plus sain mais ne sont guère épargnées par les poussées d’hypersécrétions sébacées les faisant ressembler à des cadavres de crapauds exposés des heures durant aux terribles méfaits des rayons du soleil chauffant le macadam sur lequel les pauvres batraciens reposent en paix. Les cris stériles, les gloussements de dinde, les réflexions stupides concernant les mâles de leur espèce les font passer pour des êtres étranges dont ce sont certainement inspirés Tim Burton ou Steven Spielberg pour concevoir leurs charmantes bêbêtes cinématographiques.

 

Bref, rappelons nous que nous aussi, un jour, nous avons été ado, et que nous aussi nous avons éjaculé notre fiel, déversé notre pus sur des chemises bientôt jaunies par cet excès purulent.

 

Amis, ce n’est pas avec haine que j’ai écrit cela… ni même amertume… juste une réflexion sur l’adolescent que j’ai pu être ou des adolescents que j’ai pu côtoyer dans cet âge qui est tout sauf tendre. Que ceux-ci me pardonnent cet exercice de style peu aisé.

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12 avril 2007

A quoi penses-tu ?

A quoi penses-tu petit ?
A quoi penses-tu avec tes yeux dans le vague
Vague à l’âme, vagues, déferlantes, écumes de pensées
A quoi penses-tu petit ?
Dans ton tunnel de béton, penses-tu  aux héroïnes de la Metro ?
Ava Gardner, Audrey Hepburn… qui sait…
A quoi penses-tu petit ?
Perdu dans tes rêves, rêvasseries solennelles,
Tu chantes, tu cries, tu parles, tu pleures.
A quoi penses tu petit ?
Chante, crie, parle, pleure…
Dans ta tête, le Blue rondo de Brubeck
Martèle de son rythme effréné tes pensées haletantes.
A quoi penses-tu petit ?
Dis-moi, quel monstre te hante
Quel fantôme t’effraie
Quel terrible secret t’habite
A quoi penses-tu petit ?
Ton pas pressé, rue du Mont Cenis
Résonne sur le pavé de Montmartre.
A quoi penses-tu petit ?
Chante, ris, jouis de la vie
Rêve, imagine, rappelle toi petit,
Que tu es l’Ulysse de ta vie.
Rêve petit. Rêve.

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08 avril 2007

Loufoquerie industrielle

Voici un petit texte qui est loin d'être de la Sci-Fi, mais que je trouve assez poilant. Ce texte a été écrit suite à un exrcice demandé à un de mes élèves (il y a toujours un an). Il s'agissait d'inventer une machine inutile et en faire sa promotion. (ouais, je sais, c'est sadique, surtout en emandant ça à un 4°...)

 Madame, Monsieur,

 

 Vous avez récemment acheté dans notre enseigne notre machine à appuyer sur l’interrupteur de la lumière, le LightOn Z-20. Comme nous connaissons votre goût pour les machines absurdes et inutiles, nous vous proposons de venir découvrir dans votre magasin « Bat » le dernier cri des machines qui prennent de la place et qui ne servent à rien : le Home‑lette 620 +. Cette machine très esthétique a été conçue par notre célèbre inventeur Jean Nérienafaire. C’est la machine de l’année !

 

 Cet appareil en aluminium brossé trônera dans votre cuisine et vous remplacera dans la fastidieuse tâche de la préparation de l’omelette, la terreur de toutes les cuisinières ! Son fonctionnement est très simple. La machine est composée de quatre modules. Le premier est en fait un poulailler d’intérieur fourni avec cinq poules pondeuses, choisies avec soin dans notre ferme de Volodia, à

12 kilomètres

de Tchernobyl. Les poules sont très propres et ne nécessite un recyclage de la litière qu’une fois par mois. Il suffit simplement de nourrir les poules 2 fois par jours avec des graines. A cet effet nous vous recommandons l’utilisation de graines « Poules de luxe » garanties 100% OGM (25 € le kg). Le deuxième module sert quand à lui à atomiser les œufs, opération délicate, de haute technicité, qui consiste à séparer l’œuf, de sa coquille. La coquille est ensuite recyclée en cube de calcium que vous pourrez donner le matin à vos enfants. L’appareil se charge ensuite de battre à 25.272 tours/minute pendant 17,45 secondes les œufs, délais approuvé par la commission hygiène et sécurité de la cuisine centrale de Bamako. Le troisième module se charge de recevoir la préparation dans une poêle Teflor (en option, 175 €), de saler et de poivrer et de faire cuire l’omelette pendant 2 minutes. Le quatrième module se charge enfin de la délicate opération du pliage de l’omelette en deux.

 

 Cet appareil ménager est garanti 3 mois anti-corrosion. La société décline cependant toute responsabilité en cas de non respect du mode d’emploi (utilisation de graines « Poules au rabais »  (3,50 € le kg) ou d’une poêle d’une autre marque (moins chère bien évidemment). Enfin, en cas d’embrasement de la machine, vous obtiendrez non pas une omelette, mais cinq poulets rôtis.

 

 En espérant vous avoir convaincu, veuillez recevoir, Madame, Monsieur, nos plus sincères et absurdes salutations.

 

 

L’équipe de votre magasin « Bat »

 

 

Nizorche, le 29 mars 2006

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05 avril 2007

Rêve ou réalité

Et bien voilà, je profite de l'offre généreuse de Caleo et publie ici un premier texte écrit il y a un an. J'espère que je me montrerai à la hauteur de ses espoir, surtout que c'est la première fois que je soumets un texte à la critique objective de lecteurs inconnus (du moins qui me sont inconnus dans le sens le plus stricte du terme).

Le réveil sonne. J’ouvre un œil. Six heures… Quelle idée de se lever aussitôt, surtout le lendemain de son anniversaire ! Ce n’est pas tous les jours qu’on fête ses trente ans. Quelle belle fiesta quand même ! Ah… Clarisse et ses idées révolutionnaires, Gilles et Isa, toujours aussi amoureux après dix ans de vie commune, Arnaud avec sa femme Elodie et leur petite fille, Emile, encore avec une nouvelle copine… celui là alors ! Laurent, bien entendu… Et puis ce vœu… savoir comment je serais dans trente ans… quelle idée ! Enfin… je ne sais pas si j’aimerais savoir tout compte fait !

 

J’éteins le réveil. Je m’étire comme à mon habitude… Quelqu’un dans le lit… Mais qu’est ce que c’est que ça… j’ai trop bu ? Je ne me souviens pas avoir ramener une fille chez moi… et encore moins dans mon lit ! J’allume la lumière… et là, le choc ! Mon dieu, mais j’étais vraiment bourré hier ! Elle a au moins 55 ans ! Beuarkkk… remarque… elle devait être jolie avant… enfin… vraiment avant !… Mais aucun souvenir d’avoir inviter qui que ce soit hier et encore moins cette femme ! Elle s’étire à son tour. Elle me sourit… Mais c’est quoi ce bazar ! Elle me lance un « Bonjour chéri. Bien dormi ? ». Mais que ce passe-t-il ? Je deviens fou ? Je ne peux pas m’empêcher de lui demander qui elle est. Elle se met à rire.

«- Ouh là… tu as trop bu hier ! C’est vrai qu’on ne fête pas ses soixante ans tous les jours, mais tu as encore abusé ! Et ce soir ne picole pas trop, on fait la fête avec tes amis !

-Soixante ans… vous rigolez… c’était mes trente ans !

-Arrête de me faire marcher… Toujours comique toi ! Malgré les années !

-Soixante…

 

Pris d’un affreux doute je me lève et passe dans la salle de bain. D’ailleurs, où est la salle de bain… je ne reconnais pas l’appartement… Mais c’est grand… C’est pas mal du tout… Ah enfin… Le miroir, vite… Le choc ! J’ai des cheveux blancs, des rides partout, je ne me reconnais pas… Mais ce n’est pas possible… Qu’est ce qu’il se passe ? La porte de la salle de bain s’ouvre sur la femme du lit.

« -Alors convaincu ?

-Mais qu’est ce qu’il se passe… Et qui êtes vous ? Et où suis-je ?

-Tu es sûr que ça va ? Je suis ta femme Emeline, et tu es chez nous… dans notre maison… Tu te rappelles quand même que nous avons eu trois enfants, que nous sommes quatre fois grands-parents, que tu t’apprêtes à partir travailler, à l’école du village ! »

 

Emeline… trois enfants… quatre petits-enfants… école du village… ça au moins ça ne change pas… je suis toujours instit ! Mais c’est la folie ! Je nage ne plein rêve ! Je passe dans ce qui me semble être le salon. Je reconnais quelques un de mes meubles, des photos sur une étagère. Je me vois en costume, avec une femme que je reconnais être Emeline, visiblement elle a été prise lors de notre mariage. A coté de la photo, un faire-part, « Nicolas et Emeline le 10 Juillet 2011… 2011 ? Mais on est en 2010 ! Ah ! Un calendrier… 10 juin 2040. Mais c’est de la folie… D’autres photos… Visiblement des enfants… mes enfants ? Et puis encore d’autres… mes petits enfants ? Je passe dans la cuisine… Ouh là ça change… Je repère ce qui me semble être le réfrigérateur. Ça va, ça n’a pas trop changé. C’est toujours une grande armoire blanche avec une poignée… visiblement ça fait aussi télévision. J’ouvre l’armoire, attrape le jus d’orange… Une voix retentit :

« Attention pour votre santé ne dépassez pas la dose d’un demi verre ».

Je repose le jus d’orange à sa place. J’attrape le beurre. La même voix :

« Attention votre cholestérol est trop élevé. Pour votre sécurité je ne peux vous autoriser à prendre du beurre… »

Je demande à la machine :

«- Que puis-je manger alors ? Fichue machine…

-Je ne suis pas « Fichue machine », je m’appelle Mélissa et je suis votre gouvernante électronique. Je vous demande de me montrer un minimum de respect, dit-elle avec mépris, Pour votre santé, je vous recommande un jus de brocoli et une tasse de 1,5 cl maximum de café. »

 

Je referme l’appareil de malheur. Je dois certainement rêver… Tout est bizarre… à commencer par cette maison parlante. Chaque fois que je me rends dans une pièce elle me donne des conseils… Je décide de me préparer pour me rendre au travail. Tant pis pour le petit déjeuner. Emeline est déjà visiblement prête. Elle me dit :

« Je te dépose à l’école ? Et arrête de me regarder avec ces yeux de merlan frit ! On dirait que tu ne m’as jamais vu avant aujourd’hui… »

Ca, tu peux le dire ma cocotte. Enfin, je m’empresse d’accepter, je serais tout bonnement incapable de trouver le chemin de l’école…

« -Chérie ? tu as vu mes clefs ?, demandai-je en essayant de me mettre dans la peau de cet homme de soixante ans et pour éviter de me retrouver dans un asile.

-Mais, tu sais qu’on utilise quasiment plus de clefs depuis 15 ans ! C’est ta montre qui fait office de clef… pour la maison, la voiture, l’école… Tu es sur que ça va ?

-Oui oui, je suis bête, je suis fatigué en ce moment ! Ou alors j’ai trop picolé !

-Allez en piste. Il vaut mieux que je conduise, tu n’es pas dans ton état. Tu ne prends pas tes affaires ?
-Ah si… j’allais oublier…

 

J’attrape un attaché-case qui traîne dans le couloir et je me réfugie dans ce qui ressemble le plus à une voiture. Et là le choc. La voiture, encore, ça ressemble plus ou moins à une voiture… mais alors la route… ce n’est plus une route. C’est une vaste piste en gazon, très jolie et très propre. Ca donne beaucoup de charme. J’aime beaucoup. L’homme aurait-il prit conscience de son environnement ? Mais que m’arrive-t-il… je me mets à penser comme si j’étais réellement en 2040 ! Mais en quelle année suis-je ? Mon cerveau est en 2010 et mon corps en 2040 ! Mais c’est de la folie.

 

Enfin l’école. Très jolie, très mignon. A l’image du patelin. J’entre, des parents normaux et des élèves turbulents. Ca fait plaisir de voir que ça, ça n’a pas trop changé. Une mère se dirige vers moi…

« Bonjour, Monsieur le Maire ! »

Hein ? quoi ? Maire ? J’ai mal entendu !

« Bonne journée, Monsieur le Maire ! »

Non, j’ai bien entendu ! Moi ? maire ? mais il faut que je me réveille. La journée risque d’être très longue.

 

Fin de ma journée. L’école n’a pas trop changé, j’ai vite pris mes repères… même si les méthodes ont un peu changé, même si les élèves ont dû trouver que je devenais gâteux par moment à force de ne pas me rappeler des prénoms où de travailler des choses déjà faites ! Enfin, je rentre vers ma « maison », j’ai bien repéré le chemin. Je ne cesse d’être étonné par tout ce que je peux admirer…

 

J’arrive chez moi, la porte s’ouvre à mon approche. Melissa, la gouvernante virtuelle me met aussitôt du Nougaro… Tout compte fait… c’est agréable… 2040. Emeline est dans la cuisine. Elle prépare le dîner. La table est mise. Visiblement il va y avoir un peu de monde pour cette fête d’anniversaire. Je lis les cartons disposés sur la table. Je vois le nom de mes enfants et de leurs conjoints, de mes petits enfants… Je lis aussi celui de Clarisse et Sébastien… Ca fait plaisir de voir que les choses ne changent pas tellement tout compte fait. Je continue un peu Je lis également Gilles, Isa, Arnaud, Elodie, Lucie, Emile, Manon, Maxime… Manon ? Maxime ? Je ne connais pas…

 

« -Emeline ? Tu me rappelles qui est Manon déjà ?

-Ouh là, ta mémoire flanche drôlement mon pauvre Nicolas. Manon, c’est la quatrième femme d'Emile, et Maxime leur fils de cinq ans… Tu t’en rappelles quand même. D’accord pour Manon, c’est sa quatrième femme… mais tu es quand même le parrain de Maxime je te rappelle…

-Et il n’a qu'un enfant ?

-Tu rigoles ! La table ne serait pas assez grande !!! Douze enfants de plus, non mais tu te rends compte ?»

 

Et puis tout se brouille… La sonnerie du réveil… J’éteins. Je m’étire. Personne dans le lit. Ouille, j’ai mal à la tête. Trop bu moi hier soir… Je me lève, je me prépare, part à l’école. Ouf, tout ça n’était finalement que le fruit de mon imagination. Fichu rêve ! Et quel drôle de vœu… fini les vœux stupides ! J’arrive à l’école. J’accueille ma nouvelle stagiaire… Très mignonne.

«- Bonjour, je suis Nicolas, ravi de t’avoir dans ma classe pour ces quelques semaines.

-Enchantée, moi, c’est Emeline… »

 

Fin

 

Nizorche

, le 04/04/2006


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